06/08/2010
Le PIB espagnol en légère hausse au 2e trimestre
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L'économie espagnole a connu au deuxième trimestre une croissance un peu plus soutenue, grâce à de solides exportations et à une reprise de la consommation intérieure, mais elle reste à la traîne de la zone euro dans son ensemble, au vu des projections de la Banque d'Espagne.

Ces dernières, souvent précises, ont donné vendredi une croissance du PIB de 0,2% d'un trimestre sur l'autre, contre +0,1% au premier trimestre, lorsque l'Espagne était sortie d'une récession de 18 mois.

Ce taux de croissance égale le consensus Reuters mais reste bien en deçà du taux de croissance de 0,6% anticipé pour la zone euro dans son ensemble, ce qui indique que l'Espagne peine encore à émerger définitivement d'une récession violente, même si sa dette et son secteur bancaire font moins souci.

Le PIB espagnol s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre, sur une base annuelle, toujours suivant les projections de la banque centrale, et les analystes sont pessimistes car les mesures d'austérité décidées un peu partout en Europe ne présagent rien de bon pour le second semestre selon eux.

"Le PIB du deuxième trimestre est conforme aux prévisions mais il reste relativement décevant comparé à d'autres pays de la zone euro", dit Luigi Speranza, économiste de BNP Paribas.

"Nous anticipons une stagnation au troisième trimestre puis une croissance négative au quatrième, témoins des anticipations d'un ralentissement mondial et dans certains pays de la zone euro comme l'Espagne où l'impact des mesures d'austérité et la hausse de la TVA vont se manifester".

La publication officielle du PIB sera le 13 août et avant cela, la banque centrale estime que la demande intérieure continuera sans doute de se redresser à moyen terme.

"La reprise de la consommation intérieure observée les mois précédents s'est confirmée au deuxième trimestre, la croissance d'un trimestre sur l'autre étant estimée à 0,7%", observe-t-elle, dans son bulletin trimestriel.

L'Espagne est sortie d'une période terrible, de mars à juin, où la défiance généralisée des marchés, qui la voyaient déjà dans la même situation que la Grèce, a provoqué une montée sans précédent des spreads des obligations souveraines.

Les statistiques économiques ont quelque peu détendu le climat mais les économistes jugent que le pays ne pourra guère faire mieux, cette année, que sa performance du deuxième trimestre et nombre d'entre eux prophétisent une retombée dans la récession au second semestre.

L'Espagne s'expose à une nouvelle sanction des marchés si la croissance ne se révèle pas à la hauteur des attentes du gouvernement. L'Espagne espère ramener son déficit budgétaire à 3% du PIB d'ici 2013, le maximum admis par le pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne, contre 11,2% en 2009.

Beaucoup d'économistes, ainsi que le Fonds monétaire international (FMI), doutent que l'Espagne puisse atteindre 1,3% de croissance en 2011 et 2,5% en 2013, comme Madrid le projette, dans la mesure où elle a le taux de chômage le plus élevé de la zone euro, de 20,09%, et que les mesures d'austérité vont produire leurs effets à compter du second semestre et en 2011.

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