Steve Savidan n'est pas arrivé en équipe de France à 30 ans avec les yeux d'un enfant émerveillé mais pour se fondre dans un projet, comme à Valenciennes, Caen ou n'importe quel autre club.L'attaquant du Stade Malherbe, au parcours atypique, loin des filières de formation habituelles, participe depuis lundi à son premier rassemblement en Bleu à Clairefontaine, pépinière des futurs talents du football français couvés avec soin par la Fédération.Buteur du 12e de Ligue 1, ce joueur qui jouait encore il y a trois ans en National n'est pourtant pas dépaysé au milieu des autres membres de l'équipe de France, dont beaucoup évoluent dans les plus prestigieux clubs européens."Ici, ce n'est pas Eurodisney, je ne suis pas ici pour voir Mickey", a dit mardi Savidan, compagnon de chambrée de son ami Franck Ribéry, devenu la star de la Bundesliga avec le Bayern Munich."Il ne faut pas prendre ça par-dessus la jambe ni en faire un événement historique. Se tromper d'objectif, ça rendrait amer. Ça reste du foot", a-t-il poursuivi à la veille du match amical contre l'Uruguay.Il assure avoir été bien accueilli par ses nouveaux équipiers."Si vous aviez de l'inquiétude pour moi, ça s'est bien passé, je n'avais aucune appréhension, ils ne m'ont pas mangé", a-t-il dit.
"La star, c'est l'équipe de France. Ce sont des collègues de trois jours. Je ne suis pas impressionné d'être avec eux aujourd'hui, je suis impressionné par ce qu'ils ont fait", a-t-il poursuivi.
"COMME ORIENTATION PROFESSIONNELLE"
"Le métier, qu'il soit à Caen ou Valenciennes ou dans un autre club, c'est pareil, ça reste toujours du foot. C'est le même registre. Je n'ai pas senti de différence."
Sans forfanterie, Savidan entend se jauger par rapport à la crème du football français. Son discours enchanterait le sélectionneur Raymond Domenech, si rétif à tout compliment individuel en public, lorsqu'il affirme qu'il se contenterait de contribuer à une victoire française, même du banc de touche.
"Je veux savoir où j'en suis. Je prends ça comme une orientation professionnelle. Je suis inclus dans un projet de trois jours", a-t-il dit.
"Le but n'est pas que de jouer, c'est d'être présent dans un collectif et de tout faire pour jouer. (...) Si l'équipe gagne, ça veut dire que j'y aurais contribué, sur le terrain ou pas. C'est un sport collectif."
Savidan s'applique à relativiser ce qu'il vit mais son discours n'est pas pour autant dénué d'ambition.
"(Etre en équipe de France), c'est une fierté mais pas une consécration, ce n'est pas le but final", a-t-il dit.
Quand on lui demande s'il espère être rappelé pour les matches officiels au printemps et contribuer à la qualification de la France à la Coupe du monde 2010, il réplique sans hésiter: "J'y compte bien."
Peu importent les doutes liés à son âge et à son parcours particulier: "Il y a un seul objectif, c'est l'équipe de France, ce n'est pas de savoir si j'ai 30 ans.
"La seule personne à qui je veux apporter une réponse, c'est moi."
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