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 Economie 



Le fonds stratégique d'investissement sera offensif et défensif
20-11-2008 13:49:08
Le fonds stratégique d'investissement dont Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi les contours ne sera pas un fonds souverain à l'image de ceux mis en place par des monarchies du Golfe ou la Norvège.Cette nouvelle instance pourra servir à protéger des intérêts souverains de la France, souligne-t-on à la présidence de la République."Ce n'est pas un fonds souverain au sens où on l'entend, qui sert à gérer dans un Etat donné des excédents structurels de balance des paiements. (...) C'est un fonds stratégique qui est à la fois offensif et défensif et qui, dans sa partie défensive, peut servir à protéger des intérêts souverains", précise-t-on.Ses investissements seront de trois ordres :
- dans les PME dites "de croissance", qui ont des capacités de développement et qui ne trouvent pas de fonds propres sur les marchés ;
- dans les entreprises moyennes, cotées ou non, dont il convient de conforter le développement dans des filières technologiques ou considérées comme d'avenir.
- pour stabiliser le capital d'entreprises cotées, y compris de grande taille, qui présenteraient un caractère stratégique mais qui, de par leur structure actionnariale, pourraient être vulnérables.
Ce fonds sera une filiale à part entière de la Caisse des dépôts. L'Etat en détiendra "au plus 49%", dans un premier temps, et "au moins 34%" à terme.
"La CDC était déjà un investisseur à long terme et on a souhaité s'appuyer sur ce qui existait", dit-on à l'Elysée.

Il sera doté pour démarrer de 20 milliards d'euros, apportés plus ou moins à parité par l'établissement public et l'Etat. Six milliards le seront sous forme de cash, via de la dette levée sur les marchés, le solde provenant d'apports d'actifs.

Pour la CDC, il s'agira de l'ensemble de ses participations stratégiques à l'exception notable de ses 40% dans CNP Assurances ou de ses 18% dans la banque franco-belge Dexia.

Mais il y aura celles dans Accor, Veolia, Icade, la Cie des Alpes ou sa filiale de transport Transdev, ainsi que l'ensemble des participations de CDC Entreprises, qui investit dans les PME.

SECTEURS PRIORITAIRES

Les fonds d'épargne centralisés auprès de la CDC, qui sont mobilisés pour le financement du logement social et, depuis récemment, celui des PME, ne seront pas mis à contribution.

L'Etat apportera des participations minoritaires comme celles de 15,65% dans Air France, de 15% dans Renault ou une partie seulement des 26,7% qu'il détient encore dans France Télécom. Celle prise récemment dans les Chantiers de l'Atlantique sera également apportée.

Sont exclues en revanche les participations de contrôle comme EDF, Areva, ADP ou celle dans GDF Suez, dont le niveau est fixé par la loi, de même que celles dans les groupes publics comme La Poste, la RATP et la SNCF ou encore dans des sociétés contrôlées avec d'autres investisseurs, par exemple EADS, Thales et Safran dans le secteur de la défense.

Le fonds aura vocation à détenir des participations pendant une certaine période, de l'ordre de deux ans minimum jusqu'à dix ans, et son capital sera ouvert à d'autres investisseurs, ceux-ci pouvant se contenter de participer à des co-investissements.

Des secteurs prioritaires ont été identifiés, comme l'aéronautique, la haute technologie et l'automobile. Mais il ne s'interdira pas d'intervenir sur l'ensemble d'une filière via un fonds dédié.

Il sera doté d'un conseil d'administration de sept membres : deux viendront de la CDC, dont son directeur général qui le présidera, et deux de l'Etat, deux autres étant des personnalités qualifiées extérieures auxquelles s'ajouteront le directeur général du fonds.

Ils seront épaulés par un comité d'orientation stratégique présidé par le président de Sanofi Aventis, Jean-François Dehecq, qui sera plus large (20 membres) et ouvert à différentes sensibilités économiques et sociales - partenaires sociaux, économistes, représentants du mondé économique -, chargé de définir une doctrine et une stratégie d'investissement.

Ce fonds à vocation à intervenir en tant qu'"investisseur avisé", c'est-à-dire pas à fonds perdu dans des projets sans avenir, dans l'optique d'afficher un certain niveau de rentabilité.

Il est prévu ainsi qu'il distribue l'ensemble de ses bénéfices à ses actionnaires sauf si le conseil en décidait autrement.



 
 
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