Une belle romance désespérée signée James Gray et intitulée "Two lovers" ainsi que le deuxième volet, moins convaincant, du portrait de Jacques Mesrine réalisé par Jean-François Richet, sortent ce mercredi dans les salles françaises."Two lovers" de James Gray (Etats-Unis, 1H50) avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow, Vinessa Shaw, Isabella Rossellini - En compétition au dernier Festival de Cannes, le beau "Two lovers" est une romance désespérée, où Joaquin Phoenix campe un homme fragile, déchiré entre son amour pour une femme inaccessible et sa fidélité à sa famille. Leonard, un garçon fragile qui a voulu mourir après une rupture amoureuse, revient vivre chez ses parents, à Brooklyn. Employé à la teinturerie familiale, il se terre dans un appartement étouffant, encombré de livres et de souvenirs, où sa mère le couve. Alors qu'il fréquente la douce Sandra, Leonard tombe amoureux fou de Michelle, sa voisine. Mais celle-ci vit une orageuse liaison avec un homme marié, ce qui contraint Leonard à endosser le rôle ingrat de confident. Auteur de la trilogie "Little Odessa", Lion d'argent à Venise en 1994, "The Yards" et "La nuit nous appartient", Gray confère à "Two lovers" une tonalité nostalgique et amère, instillant une atmosphère mi-tragique mi-dépressive qui rend le film poignant.
- "Mesrine : l'ennemi public n.1" de Jean-François Richet (France, 2H12, Avertissement publics sensibles) avec Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric - Un mois après le succès en salles de "Mesrine, l'instinct de mort" qui a drainé 1,8 million de spectateurs, sort un deuxième volet nettement moins convaincant, qui tend à porter le célèbre gangster au rang de héros. En dépit de ses sanglants faits d'armes, braquages, évasions et prises d'otages en série, Richet montre cet homme en marge, aux instincts violents et aux tendances mégalomanes, comme une rock star du crime, s'employant à bâtir une légende romantique. Flanqué de son complice, le taciturne François Besse incarné par Mathieu Amalric, le truand incarné par un Vincent Cassel toujours impressionnant, apparaît comme un séducteur et un fougueux anarchiste, épris de liberté et ennemi des lois.
- "Moscow, Belgium" de Christophe van Rompaey (Belgique, 1H42) avec Barbara Sarafian, Jurgen Delnaet, Johan Heldenbergh - A Moscou, un quartier ouvrier des faubourgs de Gand, Matty, une mère de famille à l'air las pousse son caddie dans un supermarché. Alors qu'elle recule sur le parking, sa voiture est emboutie par un poids lourd et voilà Matty qui déverse sur le chauffeur, un jeune macho dénommé Johnny, toute l'amertume de sa vie. Tout juste quittée par un mari, Matty pense se débarrasser de l'importun mais contre toute attente, celui-ci s'éprend d'elle. Malgré la différence d'âge et le fossé culturel qui séparent le prolo de la petite-bourgeoise déclassée, l'amour va naître. Finement écrit et dialogué, merveilleusement interprété par Barbara Sarafian, ce premier film sélectionné en mai à la Semaine internationale de la critique à Cannes, séduit par la justesse de sa peinture sociale et sa drôlerie.
- "Musée haut, musée bas" de Jean-Michel Ribes (France, 1H35) avec Michel Blanc, Pierre Arditi, Josiane Balasko, Yolande Moreau - Jean-Michel Ribes adapte au cinéma sa pièce de théâtre à succès, mais la recette s'avère quelque peu indigeste au grand écran, où une pléiade de comédiens connus défilent en faisant assaut de cabotinage. "Musée haut, musée bas" évoque la foule bigarrée qui peuple les musées, au travers de personnages outranciers, brossés à grands coups d'archétypes, voire de stéréotypes: familles provinciales et ignorantes, touristes au rythme stakhanoviste, intellos parisiens branchés et pédants, gardiens déprimés. Malgré la drôlerie de certaines répliques à la saveur absurde ou burlesque, le spectateur se lasse bientôt d'un interminable défilé d'acteurs empressés de débiter leur texte sur un ton généralement hystérique.
- "Pièces détachées" d'Aaron Fernandez (Mexique, Espagne, France, 1H35, titre original : "Partes Usadas") avec Eduardo Granados, Alan Chávez, Carlos Ceja - Au Mexique Ivan, un ado débrouillard qui rêve d'émigrer aux Etats-Unis, travaille pour son oncle Jaime, un vendeur de pièces détachées de voitures. Ils rêvent tous les deux d'une vie meilleure et économisent leur argent afin d'émigrer illégalement à Chicago dans un proche avenir. Lorsque Jaime apprend qu'il a besoin de plus d'argent que prévu pour payer le passeur, il décide d'introduire son neveu dans le milieu du vol de pièces détachées de voitures.
- "Bienvenue à Bataville", documentaire de François Caillat (France, 1H30) - Une fable inquiétante sur l'utopie patronale forgée par le chausseur Tomas Bata, dont le projet orwellien d'une cité idéale érigée en Lorraine conjuguait productivisme et "bonheur obligatoire". L'histoire débute en 1932 lorsque le célèbre industriel Tchèque décide de bâtir, au beau milieu de la Moselle, une cité destinée à abriter en un seul lieu, usine à chaussures et employés. Tout y est conçu pour maximiser le bonheur des Batavillois afin que chacun contribue avec entrain à la bonne santé de l'entreprise. Cette mécanique, parfaitement huilée, fonctionnera à merveille pendant plusieurs décennies, jusqu'à la fermeture définitive du site en décembre 2001.
- "Frangins malgré eux" d'Adam McKaye (Etats-Unis, 1H38, titre original : "Stepbrother") avec Will Ferrell, John C. Reilly - A 39 ans, Brennan Huff n'a pas de travail sérieux et vit encore chez sa mère. De son côté, Dale Doback toujours au chômage à 40 ans, vit avec son père. Lorsque la mère de l'un et le père de l'autre décident de convoler, Brennan et Dale entament une cohabitation rendue difficile par leurs querelles infantiles et leur incorrigible paresse.
- "Home sweet home" de Didier le Pêcheur (France, 1H40) avec Judith Godrèche, Patrick Chesnais, Daniel Prévost - Depuis la mort de sa femme, trente ans auparavant, Albert vit avec Gédéon, ancien soixante-huitard comme lui. Lorsque Claire, sa fille, revient après deux ans d'absence, les retrouvailles sont contrariées par les révélations d'un policier.
- "J'irai dormir à Hollywood" de et avec Antoine de Maximy (France, 1H40) - Après ses carnets de voyages fantaisistes diffusés depuis 2004 sur Canal +, Antoine de Maximy traverse les Etats-Unis en s'invitant chez les gens, à pied, en stop, en taxi, en bus, à vélo, et même en corbillard. Il fait étape à New York, Miami et la Nouvelle-Orléans, direction Las Vegas et Hollywood, où il espère se faire inviter chez une star pour la nuit.
- "Rock'nrolla" de Guy Ritchie (Etats-Unis, 1H54) avec Gerard Butler, Tom Wilkinson, Thandie Newton, Mark Strong - Caïd londonien, Lenny travaille à l'ancienne, mais la ville change et les mafieux des pays de l'Est, comme les petits voyous, bouleversent les règles. Cette pègre se dispute bientôt le coup du siècle.
- "Le silence avant Bach (Espagne, 1H42, titre original : "Die stille von Bach") de Pere Portabella, avec Alex Brendemühl, Feodor Atkine, Christian Brembeck - Figure du cinéma alternatif catalan, Pere Portabella illustre l'universalité de la musique du compositeur allemand, qui accompagne la vie de tous les protagonistes de ce film singulier, qu'ils soient du XVIIIe siècle ou d'aujourd'hui. Réalisateur, scénariste et producteur, Pere Portabella, 81 ans, n'avait pas signé de long métrage depuis "Pont de Varsovie" en 1989.
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