Le recul de l'activité dans les secteurs manufacturier et des services s'est accéléré en novembre dans la zone euro, tombant à des plus bas sans précédent, selon les estimations flash publiées vendredi. Au point que certains économistes en viennent à réclamer des efforts plus importants de la part de la Banque centrale européenne (BCE). Les estimations flash montrent en outre que les pressions inflationnistes s'estompent, offrant à la Banque centrale européenne une marge de manoeuvre plus large pour abaisser ses taux. "En un mot: terrible. On s'y attendait pour les services mais on est choqué par le manufacturier", dit Dominic Bryant (BNP Paribas). "Nous avons une baisse de 75 points de base de la part de la BCE en décembre qui est déjà prise en compte... On peut penser que sur la base de ces données, on pourrait avoir 100 points de base", ajoute-t-il.
L'indice PMI manufacturier Markit ressort à 36,2 en novembre contre 41,1 en octobre, alors que le consensus tablait sur 40,5. Un chiffre inférieur à 50 traduit une contraction. Depuis 11 ans que l'étude existe, jamais l'indice n'était ressorti à un niveau aussi bas.
Dans les services, l'indice ressort à 43,3 contre 45,8 en octobre, avec un consensus à 45. C'est là encore un plus bas absolu depuis les dix ans que l'indice existe.
Sept des 12 sous-indices ont en outre touché des plus bas sans précédent.
Même en Allemagne, où l'industrie est un pilier de l'économie, l'indice manufacturier ressort à des plus bas inédits. Il s'inscrit à 36,7 contre 42,9 en octobre et 42,0 attendu.
En France, la situation n'est guère plus reluisante. Dans le secteur privé, l'activité s'est contractée pour le sixième mois d'affilée à un rythme record.
L'indice flash composite a reculé à 42,0 contre 44,0 (définitif) en octobre, s'éloignant encore de la barre de 50 sous laquelle il dénote une contraction.
Comme les mois précédents, la faiblesse a été plus prononcée dans l'industrie, dont l'indice provisoire tombe à 37,9 contre 40,6 en octobre, un nouveau plus bas depuis le début de l'enquête il y a 10 ans.
C'est nettement moins qu'attendu puisque 21 économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un indice à 40,0, leurs estimations allant de 39,0 à 41,5.
Dans la zone euro, les commandes à l'exportation et les commandes dans leur ensemble ont reculé à un rythme sans précédent et montrent que la crise financière globale qui a commencé il y a un an dissuade ou empêche de plus en plus de foyers et d'entreprises de dépenser.
"L'impact de la crise financière sur l'économie réelle s'intensifie. Plusieurs secteurs souffrent mais, de
manière générale, les entreprises sont vraiment à la peine pour trouver la demande", souligne Chris Williamson, chef économiste pour la zone euro chez Markit.
Conjuguées, la chute des secteurs manufacturiers et des services ont précipité au plus bas l'indice PMI composite qui ressort en novembre à 39,7 contre 43,6 en octobre.
Pour autant, ces indicateurs ont pour l'essentiel laissé de marbre les marchés financiers et l'euro.