Lima, capitale du Pérou, était littéralement transformée en place forte vendredi à la veille, ce week-end, du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) auquel participent notamment les présidents américain George W. Bush, russe Dmitri Medvedev et chinois Hu Jintao. "Nous sommes en alerte maximum et avons mobilisé 39.000 policiers et membres d'unités anti-terroristes" a déclaré le général Julio Vergara, chef de la sécurité de l'Apec.Environ 100.000 hommes, policiers et militaires sont mobilisés sur l'ensemble du territoire pour faire face à d'éventuelles manifestations ou attaques terroristes.Des unités spécialisées dans la lutte anti-terroriste et les attaques nucléaire, chimique ou bactériologique sont en alerte tandis que des tireurs d'élite ont été déployés aux points stratégiques de Lima, une agglomération de sept millions d'habitants.Hélicoptères et avions participent au dispositif policier prévoyant une cellule de sécurité renforcée autour de chacun des 21 chefs d'Etat et de gouvernement.Vendredi et samedi ont été déclarés fériés dans la capitale pour inciter les liméniens à déserter la ville, généralement encombrée.Trois anneaux de sécurité ont été dressés autour du "Pentagonito" (le petit Pentagone), le quartier général de l'armée, un ancien centre de tortures sous la présidence d'Alberto Fujimori (1990-2000) où se tiendra la réunion.L'opposition de gauche a appelé à des manifestations, dont une, convoquée vendredi par la Confédération générale des travailleurs (CGTP) pour "refuser la présence de Bush auquel incombe la responsabilité de la crise financière".
Les dirigeants devraient lancer un appel en faveur de l'ouverture des marchés malgré la crise économique et d'un front commun contre toute tentation de protectionnisme.
Les ministres des pays riverains du Pacifique dont les Etats-unis, la Russie, la Chine, le Japon et l'Indonésie se sont engagés à observer une "position ferme" contre toute tentation de protectionnisme en réaction au marasme financier mondial.
Cette déclaration survient moins d'une semaine après que le G20 à Washington a appelé à conclure le cycle de Doha sur la libéralisation des échanges d'ici à la fin de l'année.
Le président George Bush, dont ce sera probablement la dernière réunion multilatérale avant la passation de pouvoirs avec Barack Obama en janvier, souhaite le soutien de l'Apec en faveur du G20.
Toutefois rien n'assure que le président américain élu Obama entende le message en faveur du libre-échange délivré par l'Apec alors que la tourmente financière tend à raviver un sentiment protectionniste aux Etats-Unis.
Le sommet devrait aborder, outre la crise financière et la libéralisation du commerce, la coopération en matière de sécurité (anti-terrorisme), de sécurité alimentaire, de défense de l'environnement et le changement climatique.
L'Apec, dédié depuis sa fondation en 1989 à la promotion du libre-échange, rassemble 41% de la population mondiale, soit 2,6 milliards de personnes. Il représente 61% du produit intérieur brut (PIB) et 47% du commerce de la planète.
Le bloc comprend l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, la Chine, les Etats-Unis, l'Indonésie, le Japon, Hong Kong, la Corée du sud, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Papouasie Nouvelle-Guinée, le Pérou, les Philippines, la Russie, Singapour, Taïwan, la Thaïlande et le Vietnam.